Les croix de chemins

Les silhouettes des croix marquent la campagne de leur pierre taillée (les plus anciennes), de leur fer forgé ou de leur fonte coulée (les plus récentes), protégeant les cultures, conjurant le mauvais sort et guidant les pèlerins.

Source : http://www.cc-vallee-herault.fr

Depuis des siècles les croix de chemin, croix rurales, grands crucifix, chapelles, font partie de notre environnement coutumier, à tel point que beaucoup ne les remarquent plus. Témoins de l’histoire de l’Église, de la foi de nos parents et de nos ancêtres, ils ont traversé le temps, les changements de sociétés, ils en ont subi les vicissitudes. Beaucoup ont disparu ; ceux qui restent sont souvent dans un état dégradé. Certains d’entre-eux ont été réparés, d’autres relevés, remplacés. Ils ont été, et sont encore pour le promeneur, des repères dans le paysage, pour le croyant une occasion de recueillement, de prière. (source : Wikipedia)

A l’époque d’évangélisation de nos contrées par l’Église, les paroisses commencent à édifier croix, calvaires, chapelles et statues de Saints sur les emplacements «suspects». Ainsi furent christianisés, les lieux sources de pratiques « païennes », dans les villes puis les campagnes. Les forêts, lieux peu fréquentés, sources de crainte, de superstitions, le furent bien plus tard. Pour christianiser les menhirs, dolmens, grottes, roches…, le représentant de l’Église, selon le site concerné, faisait graver ou poser une croix et pratiquait une cérémonie d’exorcisme avec prières et bénédictions.

Ainsi l’Église est présente aux carrefours des chemins, le long des voies de communication, aux entrées, sur les places des villages et des bourgs, rappelant la précarité de la condition humaine, le sacrifice de Jésus de Nazareth sur la croix, et la promesse de la résurrection, d’une autre vie après la mort. A un carrefour, un choix directionnel est à faire par le passant. Une croix élevée à cet endroit, rappelle aussi au voyageur qu’il n’est que de passage sur terre, et que la vraie vie est ailleurs et qu’un choix est à faire aussi pour son salut spirituel. Une croix de chemin est, dans le monde physique comme dans le monde spirituel, une élévation, un lien entre la terre et le ciel.

Les croix et monuments érigés dans les premiers siècles ont presque tous disparus.  Le bois était un matériau bon marché et abondant, donc largement utilisé pour l’édification des premières croix et des chapelles.
Dans le paysage elles étaient pour les habitants, des points de repères, des lieux de rendez-vous ; pour les voyageurs, les colporteurs, allant de village en village, elles leurs servaient à s’orienter. Les croyants, ne manquaient pas de se signer en passant ou de s’arrêter quelques instants pour se recueillir. Passée la période de christianisation, les raisons pour lesquelles on a continué d’élever des croix sont multiples.

  • les croix comportant un texte appelant au repentir, aux devoirs du croyant, à la prière, et rappelant au chrétien ses devoirs, que son salut passe par le Christ dans sa mort et sa Résurrection : « O crux ave spes unica ».
  • les croix offrant des indulgences en échange de quelques prières récitées par le passant (Ave, Pater).
  • les croix appelant à « prier pour les trépassés ».
  • les croix de Mission, de dimensions souvent imposantes, sont des monuments érigé en souvenir d’une mission, après la tourmente révolutionnaire, où il fallut, pour les représentants de l’Église catholique romaine, restaurer la pratique religieuse. Elles étaient financées par les fidèles.
  • les croix de Jubilé  furent nombreuses au XIXème siècle, chaque paroisse désirant laisser une trace d’une année jubilaire ! Périodiquement, à partir de l’an 1 300, les papes ont proclamé une année sainte, un jubilé, au cours de laquelle les chrétiens pouvaient obtenir la remise de toute peine liée à leurs péchés : c’est l’indulgence. La périodicité des années saintes fut, au début, de 50 ans comme aux temps bibliques, puis de 25 ans. Mais en plus des jubilés réguliers, les papes peuvent déclarer des jubilés extraordinaires. » (Extrait d’un écrit de Mgr Perrin, évêque de Tarbes et Lourdes – blog Lourdes 2008).  Une souscription permettait souvent la réalisation de l’édifice. Il était courant de faire appel à la générosité des paroissiens
  • les croix commémoratives: marquant un événement dramatique (décès, accident, meurtre…). Elles sont parfois appelées croix d’occis.
  • les croix de dévotion faisaient l’objet de commandes auprès d’artisans sculpteurs, par des bourgeois aisés, afin de témoigner de leur foi.
  • les croix votives élevées en reconnaissance pour un vœu accompli.
  • les « croix des morts » : Croix placées le long des chemins menant depuis les fermes, hameaux éloignés, jusqu’à l’église du village où avait lieu la cérémonie religieuse de l’enterrement. Ces emplacements servaient de halte de repos et comportaient parfois un reposoir en pierres au pied de la croix, ou taillé dans la roche en place, ce qui permettaient d’y déposer le cercueil, souvent porté à dos d’hommes, et aux porteurs de se reposer.

Au temps où étaient encore pratiquées les Rogations, les processions de fidèles, répondant aux litanies des saints énoncée par le prêtre, tout au long du parcours dans le village ou le bourg, marquaient une pause devant chaque croix, ou calvaire. À l’occasion des fêtes religieuses ces croix étaient fleuries. Elles étaient entretenues bénévolement tout au long de l’année par des personnes particulièrement pieuses.

On y voyait aussi, déposés au pied, des ex-voto : croix de bois, statuettes de la Vierge, de saint, chapelet, objets divers… des graffitis étaient également effectués sur le monument. Ce genre de dévotion se voit de moins en moins, parfois encore en campagne. Malheureusement, croix, calvaires, chapelles, modestes manifestations d’une foi populaire et qui font partie du petit patrimoine de nos communes, sont bien souvent dans un état de délabrement avancé.

(source : Wikipedia)

  La croix doit être tournée vers l’ouest parce  que selon la tradition, le Christ crucifié avait la tête à l’orient, les pieds à l’occident, les bras au nord et au midi; la croix correspondant aux quatre coins de l’univers.

————————–

Le 18 brumaire de l’an II, le Conseil départemental de l’Hérault décrète :

  • Article 2 : toutes les croix hors des temples, toutes les effigies et marques extérieures du culte se trouvant dans les rues, aux façades des maisons, dans le terroir seront abattues.
  • Article 3 : le fer et le cuivre provenant de ces destructions seront portés au district pour être employés au service de la république.


Beaucoup de croix seront reconstruites après la Révolution, à l’emplacement même des anciennes.

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6 responses to “Les croix de chemins”

  1. CROIXDES CHEMINS says :

    Bonjour,
    Comme vous et d’autres chrétiens, j’ai avec des amis entrepris de répertorier les Croix des Chemins de notre beau département.
    Pour cela un site a été créé http//croixdescheminspagesperso.orange.fr ( mettre le son )
    Je serai très heureux de pouvoir mettre en commun nos activités nos découvertes et nos travaux.
    Bien Cordialement
    Henry MENET
    mail perso : h.men@wanadoo.fr

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    • croix d'hérault says :

      Bonjour.
      Merci pour votre intérêt pour les croix et pour mon blog.
      J’ai ajouté l’adresse de votre site dans la page des liens et citerai en toute évidence les références vers les inventaires que vous avez pu faire.
      N’hésitez pas à mettre des liens vers le blog sur vos pages.
      Très cordialement
      D. Sallé

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  2. Croix des Chemins en Pays d'Herault says :

    Bonjour, L’union fait la force…
    A une époque où certaines associations de « libres penseurs » souhaitent voir déboulonner les Croix des Montagnes, il est urgent d’unir nos forces pour
    rendre à nos croix, leurs poids d’histoire et de spiritualité.

    Notre Association céée en 2002 fait un travail de fourmi avec des bénévoles,
    nous serions très heureux de vous aider dans ce travail.

    Voir site :
    ci-dessous lien

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  3. THOMAS says :

    j’ai recensé toutes les croix de la commune de Castanet le haut que j’ai mises sur Wikipédia (une trentaine)

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